Chez Simon Nicolas c’est souvent la rue et l’espace environnant qui fournissent de la matière première à sa pratique sonore. Adepte du field recording et d’une écoute prolongée d’un espace qui peut varier en fonction du positionnement des micros, et donc donner naissance à des textures sonores et des perceptions différentes, il constitue progressivement une banque de sons potentiellement utilisables dans des travaux futurs, notamment des interventions empruntant à la forme du concert.

Mais son travail fait également montre d’une attention soutenue au contexte à travers la manière dont sont mises en place ses installations. Symphonie par exemple, où sont utilisées des gouttières de la Villa Arson afin de diffuser une composition qui vient révéler les lignes architecturales. Ou bien Tone, installation sur le toit de quatre haut-parleurs émettant quelques fois dans le mois un court signal qui vient couvrir la ville et qui tout en restant non identifiable s’immisce subrepticement dans le quotidien et vient perturber le réel. Avec Public Adress des haut-parleurs accrochés dans une salle close ne diffusent que le bruit de leur activation et de leur désactivation, se posant en prémices d’un message qui ne vient jamais.

Avec des sons ténus ou des (non) phénomènes à peine audibles qui se manifestent de manière irrégulière ou sur un temps élargi, c’est aussi une notion d’attente qui est mise en jeu, et parfois engendre chez le spectateur le doute quant à ce qu’il est en train d’écouter en même temps qu’il installe une certaine tension, une possible frustration.

Frédéric Bonnet.


Simon Nicolas often uses the street and its neighboring areas as material for his sound practice. Through field recording and prolonged attention to a specific space – varying according to the placement of the microphones and thus creating different sound textures and perceptions – he has been gradually putting together a sound-bank to be potentially used in future works, and more notably works including processes similar to concerts.

However the way he arranges his installations is also particularly attentive to the context. For instance with Symphonie (Symphony), he uses the gutters of the Villa Arson to broadcast a piece revealing the architectural lines. With Tone, an installation where four speakers on the roof emit a short signal covering the sounds of the city several times a month; although it remains unidentifiable, it covertly takes part in daily life, disrupting reality. In Public Adress speakers on the walls of a closed room only broadcast the sound of their own activation and deactivation, announcing a permanently undelivered message.

Through tenuous sounds or barely audible (non) phenomena happening irregularly or over a stretched out time span, the artist also plays with the notion of expectation, sometimes creating doubt for the viewer as to what he is listening to, and at the same time creating a certain tension, a potential frustration.

Translation : Claire Bernstein.
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